Le matin s’avance avec une certitude douce, celle des possibles sans limites.
L’air est clair, et mon cœur l’est aussi.
Une goutte de yaourt me glisse sur le menton.
Je ris, sans honte.
Rien n’entame cette légèreté.
Pendant quelques instants, il n’y a pas de guerres.
Personne ne meurt, nulle part.
Le monde se tait, comme pour nous laisser passer.
Je sens alors que tout peut s’arranger.
L’espoir n’est pas un cri, c’est une évidence.
Ta présence l’affirme.
Ta main se pose sur ma taille avec une assurance calme.
La mienne répond, fidèle, au creux de ton dos.
Nos gestes sont lents et justes.
Ils disent ce que les mots n’osent pas.
Nos corps se rapprochent sans heurt.
Je respire ton odeur, simple, familière.
Dix étages plus bas, une enveloppe tombe dans la boîte aux lettres.
Elle porte un verdict médical, fermé, définitif.
Nous l’ignorons encore.
Nous ignorons même l’idée de l’ignorance.
Et c’est très bien ainsi.
Ne pas savoir protège ce moment.
Ne pas savoir rend la tendresse exacte.
Je m’appuie contre toi, pleinement.
Tu me tiens comme on tient une vérité fragile.
Le temps consent à notre silence.
La clarté demeure, malgré tout.
Et je sais que ce sentiment est juste.

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